27.07.2008
Ingrid, la Jeanne d’Arc de Sarkozy.
Que personne ne s’y trompe, j’ai éprouvé comme tout un chacun une sincère émotion lorsque j’ai appris la libération d’Ingrid Betancourt. Ses messages désespérés, la médiatisation de l’affaire, sa photo placardée devant la mairie de mon domicile, l’avaient rendu proche comme l’avait été “Florence” par le passé, je veux dire : Florence Aubenas.
Oui mais… Quelque chose m’embarrassait dans l’enthousiasme général. La naïveté des enfant d’Ingrid, leur amour déclaré à Sarkozy, dont la politique d’exclusion et de profit n’hésite pas à briser l’équilibre de tant de foyers français, m’insupportait. Car la libération de Betancourt, si elle devait quelque chose à la médiatisation extrême dont la Franco-colombienne a bénéficié, ne devait rien à la pseudo-générosité de notre président.
Oui mais… Je n’ai jamais pu m’empêcher de penser durant cette longue détention que la sénatrice colombienne avait fait preuve d’irresponsabilité plutôt que de courage en s’aventurant dans une région où elle avait toutes les chances de se faire enlever. Cependant, de la même façon que les Arches de Zoé ne méritaient le sort que leur infligeaient les autorités tchadiennes, parce qu’ils s’étaient aventurés sans préparation dans une opération de sauvetage d’enfants, de la même façon, j’estimais qu’Ingrid Betancourt ne méritait pas de perdre la vie parce qu’elle avait manqué de réalisme.
Oui mais… sans qu’on lui pose la question, et à peine fut-elle libérée que l’otage déclarait qu’elle recommencerait à l’identique aujourd’hui. C’est donc qu’elle n’avait pas compris ? C’est donc qu’elle préférait se placer en icône médiatique sauveuse du monde ou de la Colombie plutôt que de réflichir au meilleur moyen de rendre efficace son combat pour l’écologie ?
Ouis mais… alors qu’elle était reçue en grande pompe avec ses enfants à l’Elysée par le président et son épouse, alors que des millions de Français soulagés de sa libération constataient qu’ils ne pouvaient offrir à leur famille les vacances tant espérées, voilà notre Ingrid nationale qui se voyait décerner la légion d’honneur. Pourquoi ? Le fait du prince : elle était récompensée pour avoir survécu et permis à celui-là de la serrer dans les bras. J’exa gère ? Ah bon, alors expliquez-moi pourquoi Florence Aubenas, journaliste émérite qui prenait certes des risques, par sa présence en Irak, mais faisait simplement et courageusement son métier, pourquoi Florence, donc, n’a pas été décorée ? Ni Malbrunot, ni Chesnot, ni Jean-Paul Kaufmann, tous talentueux journalistes.
Oui mais… Et comme si cet étrange usage lancé par Sarkozy de la décoration ne suffisait pas – Dany Boon a été décoré parce qu’il avait réalisé un film au succès sans précédent – voilà notre Ingrid qui troque son treillis militaire contre une robe de haute couture. N’est-ce pas un peu trop ? N’est-ce pas une provocation ? N’est-ce pas dire à tous ces Français qui l’ont aimée et soutenue : « Nous ne sommes pas du même monde, nous ne jouons pas dans la même cour. » ?
Ingrid Betancourt est libre, et je m’en réjouis. Elle est libre aussi de ses opinions, c’est le moins que l’on puisse espérer d’une démocratie comme la France. Mais elle n’est pas libre - ni ceux qui l’entourent - de leurrer les citoyens français. Ceux-là d’ailleurs ne s’y trompent pas, qui ne font pas davantage confiance à leur président, malgré les efforts de celui-ci à s’attribuer la libération de la Pasionaria colombienne. N’en aurait-il pas fait assez ? doit-il encore se demander en contemplant les sondages peu favorables à son égard.
L’étape suivante ? Je n’en vois qu’une, celle d’attribuer un portefeuille ministériel à celle qui a su obtenir une popularité sans précédent auprès des Français. Et comme sa partie, c’est l’écologie, pourquoi ne viendrait-elle pas damer le pion à notre Jean-Louis Borloo, humoriste et gaffeur national ? Betancourt, ministre d’Etat ? wait and see…
LA MOUCHE DU COQ
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05.06.2008
La mariée n’était pas vierge… le marié non plus.
La société française part à la dérive. Victime d’un président qui ne cherche qu’à redorer son image de monarque absolu écorné(e) [au lecteur de choisir avec quel mot accorder cet adjectif], le pays doit faire face – en plus de la crise économique qui se profile – à une crise morale générée par celui-là même qui, élu il y a un an à sa tête, a la prétention d’effacer les progrès engendrés par le mouvement social de mai 68 et n’hésite pas, pour cela, à mettre à mal la laïcité.
Et pourtant, souvenez-vous : lors de son investiture, affichant un amour passionné pour son épouse, l’homme lui tapait sur les fesses au vu des photographes de presse : l’aurait-il fait du temps de De Gaulle et de tante Yvonne, avant les fameux événements ? Non content de la comédie servie au pays par l’intermédiaire des journalistes, alors que les démarches de son divorce étaient entamées, il menaçait de ses foudres présidentielles quiconque oserait aborder le douloureux sujet de son échec matrimonial. Promptement remis de ses émotions, il s’affichait pourtant quelques semaines plus tard avec sa future épouse devant les objectifs des caméras, tout en se plaisant à laisser diffuser la légende ô combien romantique de son surprenant « coup de foudre ».
Du réchauffé, cette histoire, pensez-vous ? pas tant que cela, figurez-vous : parce que si aujourd’hui un débat a lieu sur le sens que l’on doit donner « aux qualités essentielles de la personne » qui envisage de se marier, que dire des qualités de notre président démocratiquement élu dont la spécialité est de prononcer aujourd’hui le contraire de ce qu’il a déclaré hier. Si Carla n’a pas épousé un homme vierge – elle ne l’avait pas exigé – peut-elle croire (ou nous faire croire) s’être marié à un homme sincère (et la question réciproque peut être posée) et donc n’avoir pas été trompée sur ses qualités essentielles ? Quant aux électeurs du président, n’ont-ils pas été bernés ?
Si l’on voit certains prôner aujourd’hui une morale qui paraissait obsolète, c’est bien parce que le mensonge est devenu, y compris à la tête de l’état, un mode de vie. La religion a alors beau jeu de se substituer aux valeurs laïques. A force de bafouer effrontément la vérité, on encourage le retour à l’obscurantisme prôné par les intégristes de toutes confessions.
Il ne vous aura pas échappé, cher lecteur, que mes ailes de mouche se hérissent devant l’actualité et, en particulier à propos de cette absurde histoire d’annulation de mariage, à Lille, parce que la jeune mariée avait menti sur sa non-virginité. S’il paraît aujourd’hui évident que la juge a voulu permettre à la jeune fille incriminée d’échapper au plus vite à la pression d’un mariage aberrant, la mise en lumière de l’affaire a plongé la classe politique dans un tohu-bohu peu glorieux.
Comment ne pas avoir honte d’appartenir à une nation où le recours à de telles pratiques – l’annulation pour mensonge sur la virginité – est possible et, en même temps, suscite tant de réactions monstrueuses : ainsi, en premier lieu, Libé qui, en quête d’une affaire “vendeuse” trouve dans le Dalloz le sujet de son sccop ; puis la brillante journaliste Caroline Fourest – qui par ailleurs a tenu des propos fort pertinents sur le sujet – qui se permet d’ironiser sur la “meilleure solution, la moins coûteuse” pour les jeunes mariées : glisser un foie de volaille dans leur vagin afin de “prouver” leur virginité. Que penser des députés de gauche qui se mettent à huer la ministre Rachida Dati, la plaçant dans une situation de Jeanne d’Arc de la justice, quand il serait si aisé de démolir le moindre de ses arguments ? Et de Rachida Dati, justement, qui tergiverse entre émotions personnelles et respect des valeurs de notre démocratie ? Ou de Maître Eolas, l’avocat anonyme du web, qui explique en s’appuyant sur les textes de loi que tout va bien et que justice étant faite, il n’y a pas à y revenir ? N’y aurait-il plus une once de générosité doublée de réflexion dans ce pays ?
Que les lois s’interprètent, c’est une évidence : c’est en le faisant que la juge de Lille a annulé aisément un lien qui ne pouvait être que dramatique. Mais que serait-il arrivé si le marié avait exigé d’épouser une vraie blonde et avait découvert, durant la nuit de noce, que les poils du pubis de sa femme étaient noirs, ce qui révélait la supercherie ? Doit-on considérer l’exigence de virginité comme un fétichisme ou comme une exigence morale ?
Et si c’est la deuxième proposition qui l’emporte, comment concilier cette exigence avec le droit laïc qui n’exige pas la virginité avant le mariage et ne considère donc pas cette “qualité” comme essentielle (pas plus d’ailleurs que le conseil français du culte musulman) ?
Par ailleurs notez que la mariée aurait pu trouver toutes sortes de subterfuges pour justifier sa non-virginité : trop de sport, ou un accident quelconque. Le fait qu’elle ait reconnu avoir déjà eu un amant plaide pour sa SINCÉRITÉ : telle Tess d’Urberville, l’héroïne de Thomas Hardy, elle a avoué son “forfait” par excès de franchise … et de naïveté. Peut-être croyait-elle en toute bonne foi que ce mensonge ne mettait pas en cause ses qualités essentielles ? Sa loyauté de dernière minute ne tempérait-elle pas le mensonge fait – qui sait ? – par amour pour un homme avec lequel elle espérait passer le restant de ses jours ? On a parlé d’humiliation, on a oublié le chagrin d’amour, celui que cette jeune fille a dû ressentir en se voyant froidement rejetée par l’homme qu’elle aimait.
En conclusion, je ne me permettrai pas de mettre en cause la juge de Lille qui, confrontée à un cas particulier, a tenté d’utiliser la loi pour remédier comme elle pouvait à une situation qui s’enlisait. Mais à partir du moment où l’affaire a été rendue publique par l’intervention de Libé (plus à la recherche d’un scoop, probablement, qu’à un véritable désir de rendre justice à la demoiselle humiliée), il n’est plus d’autre choix que d’empêcher la répétition de ce type d’annulation et de lui trouver une parade juridique comme, il y a quelques années, on en a trouvé pour interdire le voile à l’école. Annuler l’annulation, dans l’état actuel des choses serait absurde. Mais réfléchir très vite et sans clivage politique à une solution élégante pour qu’une telle situation ne puisse se renouveler en France, voilà qui prouverait que notre démocratie a encore de beaux jours à vivre…
LA MOUCHE DU COQ
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18.05.2008
Le combat des chefs ou le talon d'Achille du parti socialiste : Ségolène.
Ce n’est pas parce que l’on est une mouche titilleuse, inquiète jour après jour des menaces qui pèsent sur la démocratie française, que l’on ne doit pas parler de l’opposition : ce sera le sujet de mes réflexions.
D’aucuns auront remarqué mon long silence : outre le fait qu’il devient plus difficile de se faire lire, du fait de la suppression de l’indexation dans les actualités de Google, mon silence s’explique par l’irrésistible dégoût qui me submerge, lorsque je prends connaissance des nouvelles : indifférente à la réalité sociale française de plus en plus tragique, indifférente aux difficultés que rencontrent les Français dans leur quotidien – il ne s’agit plus de pouvoir d’achat mais de pouvoir terminer le mois -
l’équipe de pantins appelés ministres et députés de la majorité poursuit ses provocations au service d’un président autoritaire et cynique. Qu’importent les couacs (vote reporté de la loi sur les OGM), qu’importe l’inquiétude pour le service public et, notamment, pour la qualité du service éducatif ou des services de santé, l’équipe au pouvoir poursuit son œuvre de sape et de démantèlement.
Face à cette accumulation d’actions anti-sociales qui prétendent s’appeler « réformes », on espérerait une opposition solide et structurée : que nenni ! Depuis le 21 avril 2002, jour de la démission brutale de Lionel Jospin, les ténors du parti socialiste n’ont qu’une idée en tête et une seule : prendre les rênes du pouvoir.
Souvenons-nous : alors que Jospin venait d’être éliminé de la course à la présidentielle, ils s’auto-désignaient chacun futur premier ministre, sans prendre la peine de former un front électoral uni contre la droite : résultat, une assemblée nationale très « bleue » et un premier ministre de droite, évidemment.
Aujourd’hui, alors que les Français sont désemparés et déçus (pour ceux qui avaient espéré naïvement que Sarkozy était la solution), le parti socialiste a un vrai rôle d’opposition à jouer. Mais ses ténors ne réfléchissent plus, ils sont obsédés par le prochain départ de François Hollande de la tête du parti. Accessoirement ils accusent Sarkozy et consorts de ne pas bien gouverner, mais leur esprit est ailleurs. Pourquoi ?
Lorsque Ségolène a commencé à monter dans les sondages, il y a environ deux ans, je n’y croyais pas, non pas parce qu’elle était femme : c’est en fait l’argument qu’elle a exploité pour progresser encore (comme récemment Rama Yadé qui prétendait raciste ses opposants aux législatives). Qu’importe qu’elle soit femme, elle est d’abord une professionnelle de la politique. Non, si je me suis étonnée, c’est parce que – et on l’a vu notamment lorsqu’elle était ministre de Jospin – Ségolène manque terriblement d’idées et d’imagination, elle n’a pas d’à-propos, pas d’intuition, elle se contente d’appliquer les recettes de langage apprises à Sciences Po et l’ENA. Seule originalité : combler ses manques par de pseudo-consultations qui lui permettent, croit-elle, de gagner du temps.
Lors des dernières présidentielles, l’évidence était là : les deux « finalistes » , Sarko et Ségo, avaient ce point commun : leur soif inextinguible d’occuper la fonction présidentielle. Pas de gouverner, pas de réaliser un projet de société, non, simplement jouir d’un pouvoir qui leur aurait été attribué par le plus grand nombre.
Ségolène a échoué – elle n’a probablement pas été aidée par les siens. J’avais voté pour elle, en me convainquant qu’elle ne gouvernerait pas seule et qu’on pouvait espérer autour d’elle de l’intelligence, là où il lui en manquait tant. Mais j’espérais aussi que le chapitre Ségolène allait se refermer sitôt les élections passées.
Or, s’il y a bien une seule chose que Mme Royal a réussi, c’est à accentuer encore chez les autres membres du parti socialiste leur goût du pouvoir et de la trahison : à peine les élections passées, Montebourg qui se donnait à plaisir des airs d’amant de la « belle » Ségo s’éloignait d’elle ; Julien Dray qui avait trahi pour elle sa vieille amitié envers Hollande, la quittait, lui aussi. Aubry, toute fière de son résultat à Lille repointait le nez. Quant aux amis de Strauss-Kahn exilé au FMI, ils se sont mis, eux aussi, à chauffer la place !
Et que dire du « pur » Delanoé que l’on a aimé, face à Panafieu, parce qu’il connaissait visiblement bien les dossiers parisiens : un monsieur sérieux et efficace qui pourtant, lui aussi, aujourd’hui, ne pense qu’à ça ! Sans compter François Hollande qui n’a jamais dit qu’il prenait sa retraite même s'il ne brigue plus la tête du parti !...
Allons, mesdames et messieurs les socialistes, réagissez : aucune chance aux présidentielles de 2012 si vous continuez ainsi. L’avenir, ce n’est pas un désir ou un fantasme, c’est une réalité. En vous battant pour un siège, celle de la direction du PS, marchepied d’une investiture aux présidentielles, vous oubliez juste le but : repolitiser les Français, leur rappeler que, en politique, le pouvoir n'est pas une fin en soi, que seul compte le projet que l’on défend. Sarkozy aidé de Ségolène vous a rendus vulnérables parce que votre ambition - comme la sienne - occupe la place qui devrait être dédiée à la réflexion. Mais rappelez vous : si la politique est autant une affaire de femmes qu’une affaire d’hommes, ce n’est en aucun cas un jeu d’enfants !
LA MOUCHE DU COQ
10:17 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, ségolène, parti socialiste
25.04.2008
Pour le monarque Nicolas Sarkozy, « Arbeit macht frei »
Pour ceux qui ne sauraient pas, « Arbeit macht frei » c’était ce que pouvaient lire les déportés parvenant aux grilles des camps de concentration nazis, Auschwitz notamment. Une phrase qui fait froid dans le dos, donc.
Au delà de cette inévitable référence à cette touche « d’humour » des plus grands assassins de l’Histoire, faut-il penser que le travail rend libre ? Une question à laquelle notre président Sarkozy répond par l’affirmative, estimant que le travailleur, plus il travaillera, plus il sera libre : d’où ma référence à l’esclavage concentrationnaire qui menait à une mort certaine au delà de six mois à un an.
Certes, dans notre société occidentale, vivement orientée sur la consommation, il semble que le travail soit une condition indispensable pour obtenir les revenus nécessaires à assurer sa vie quotidienne ; sa survie, devrais-je écrire. En réalité dans notre société capitaliste, il est plus facile de s’enrichir en boursicotant qu’en travaillant. Faire croire au bon peuple de France qu’il est proprement responsable de sa pauvreté ou de ses difficultés financières, parce qu’il ne retrousse pas assez les manches, c’est donc carrément se moquer de lui.
Mr Sarkozy, dont le patrimoine financier n’a pas été acquis par le travail mais par les placements judicieux de la fortune familiale, n’a de leçon, sur le sujet, à donner à personne. Si le travail rend libre, ce ne sont pas les travailleurs qui sont concernés par cette liberté, mais bien les patrons qui ont davantage de liberté à exploiter des salariés qui ne peuvent se suffire de leur revenu sans heures sup.
Monarque, Sarkozy prétend ne pas l’être : « Je ne suis pas un roi » a-t-il répété. Heureuse qu’il l’admette. Sauf qu’à l’entendre, hier, il semblait que, à son habitude, il faisait tout, décidait tout, voulait tous les pouvoirs : foin de son “collaborateur”, le 1er ministre Fillon : son nom a à peine été prononcé. Quant au nom des autres ministres, on a entendu citer Darcos, Pécresse, et je crois bien que c’est tout ! Sarkozy s’est même emmêlé les crayons sur qui votait entre les députés, les conseillers, les ministres… parce qu’en fait, c’est lui qui téléguide les votes, donc peu importe qui s’en charge effectivement.
Professeur plus que chahuté par ses élèves, les journalistes, il a passé son temps à assener des contre-vérités que les potaches soulignaient sans succès. Travailler plus ? Oui, Mr Sarkozy, au lieu de faire le représentant de commerce ou d’inaugurer les chrysanthèmes du chômage ici et là, ferait mieux de se pencher davantage sur les dossiers et d’en confier la gestion à ceux ont compétence pour cela.
Annoncer que notre société a échoué dans l’éducation, donc que cela ne sert à rien d’avoir un haut taux d’encadrement, c’est oublier que, justement, ce taux d’encadrement est une condition nécessaire mais pas SUFFISANTE pour la réussite à l’école. C’est un peu comme si on disait à un travailleur : tu ne sais pas utiliser ton argent, donc on va t’en donner moins ! Absurde !
S’en prendre aux 35 heures, alors qu’elles permettent aux salariés d’utiliser leurs temps libres pour accomplir les inévitables formalités administratives de la vie, les rendez-vous médicaux, etc…, ce qui leur évite l’absentéisme, c’est absurde.
Confondre la naturalisation des sans-papiers avec leur régularisation, c’est de la mauvaise foi pure. Prétendre qu’ils sont clandestins, alors qu’en réalité il s’agit de personnes qui n’ont pas vu leur titre de séjour prolongé et qu’ils sont là au vu et au su de l’ANPE, des impôts, etc…, c’est nier la simple réalité.
Quand Mr Sarkozy se réclame de la loi, lui qui cherche sans cesse comment la tourner (mariage sans publication de bans, inscription électorale dans le 8e non faite à temps, mais surtout refus de la décision du conseil constitutionnel), il n’y a pas de quoi rire.
Il y a quelques jours j’ai regardé un documentaire de Moati sur la trouble période de Mitterrand à Vichy. Les valeurs défendues à Vichy, étaient identiques à celles qui font vibrer aujourd’hui notre président : le travail, la famille, la patrie, bien sûr, mais aussi et surtout la haine de la démocratie qui ne permet pas d’aller assez vite dans les décisions. Vichy, c’était l’autoritarisme, c’était aussi “Moi, je sais pour vous”. Hier soir, Sarkozy a une fois de plus joué à être ce chef d’état qui sait tout mieux que tous et qui justifie ses échecs non par son incompétence mais par une mauvaise communication ! S’il assume personnellement la responsabilité des incompréhensions, c’est parce qu’il décide hélas tout seul.
Restons vigilants ! Ne laissons pas sa logique de profiteur gagner encore du terrain ! Ne le laissons pas confondre travail et liberté car le travail, s’il est nécessaire, est souvent source d’aliénation et de désarroi moral. La réflexion se nourrit du temps dont on dispose. Si ce temps est occupé à gagner sa vie, il n’y a plus de temps pour la méditation : c’est cela que Sarkozy voudrait, ne le laissons pas écraser notre LIBERTÉ DE PENSÉE !
LA MOUCHE DU COQ
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23.04.2008
Quand Nicolas Sarkozy cire les pompes des Chinois et que Delanoë joue les trouble-fête.
Il leur avait présenté sa mère, son fils et pas sa fiancée – elle ne figurait pas encore au tableau, il était encore le président malheureux en amour, une chanteuse chinoise avait même tenté par vidéo interposée de le convaincre de l’épouser : Nicolas Sarkozy, on le sait depuis son voyage en Chine en novembre dernier, est prêt à tous les compromis au nom du COMMERCE et surtout de l’ARGENT que cela rappporte (que cela rapporte aux grands groupes industriels, car ce faisant, en exportant en Chine nos usines, on condamne les salariés français au chômage ; en vendant aux Chinois des avions, qui doivent être fabriqués là-bas, on leur donne juste le moyen de mieux copier nos savoir-faire à moindre coût).
Accompagné, on ne sait pourquoi de sa garde des sceaux – si ce n’est par fidélité envers sa responsable de campagne électorale – Sarkozy avait omis d’emmener la gaffeuse secrétaire d’état aux droits de l’homme, Rama Yade, dont le rôle de jolie potiche se confirme mois après mois, puisque chaque fois qu’elle ouvre la bouche ou qu’elle lève le petit doigt, elle est sommée de revenir en arrière ou de s’excuser.
Il est vrai qu’il aurait eu tort de s’encombrer, Nicolas : qu’importe pour lui que les droits de l’homme soient bafoués, qu’importe la liberté d’expression ? Si les institutions républicaines ne l’en empêchaient, s’il osait, peut-être userait-il du même autoritarisme en France, lui qui n’hésite pas à violer une décision du conseil constitutionnel ! (rétroactivité de la loi sur la rétention de sûreté)
Donc Sarkozy s’aplatit – il l’a déjà fait devant le dictateur Khadafi, il l’a déjà fait devant Idriss Déby au Tchad. Qu’il présente ses excuses pour l’agression stupide et scandaleuse dont a été victime une athlète chinoise paraplégique, rien de plus banal. Mais il ne s’arrête pas là : il envoie des émissaires français (Raffarin, Poncelet, Lévitte) qui, selon les experts, ne peuvent être perçus par le président chinois que comme une reconnaissance de sa relation de vassalité. Si Sarkozy espère en retour, que Hu Jintao fasse son mea culpa, libère les prisonniers politiques, abolisse la peine de mort, décrète la liberté de la presse, cesse ses massacres au Tibet, il est d’une extrême naïveté et incompétence. Mais, en réalité, s’il désire pacifier ses relations avec la Chine, c’est pour éviter que sa mission de représentant de commerce de novembre dernier et les accords de marché passés ne tombent à l’eau : alors que sa cote est au plus bas, en France, cela ferait désordre !
Et pendant ce temps, le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, accomplit un geste symbolique en nommant citoyen d’honneur le dalaï lama. Facile, diront mes détracteurs et tous ceux qui soutiennent l’action du président : Delanoë ne se préoccupe pas de commerce extérieur. Peut-être ! Mais qu’est-ce qui est le plus important ? Entretenir de bonnes relations avec un pays qui ne rêve que de faire tourner la planète à son rythme ou prendre la mesure du danger et rappeler qu’avant la VALEUR-ARGENT, il y a une valeur fondamentale pour l’humanité : LES DROITS DE L’HOMME. Pour le chef d’état français, il est aisé de crier au scandale lorsqu’Ingrid Betancourt est emprisonnée par les FARC. Il est plus difficile de rompre diplomatiquement et commercialement avec un pays aussi grand que la Chine qui emprisonne, torture, assassine ses opposants.
La grandeur d’un homme politique, c’est de savoir opérer des choix courageux et les expliquer. La question des jeux olympiques à Pékin est un épiphénomène. Mais elle permet de montrer du doigt ce pays qui n’hésite pas à pratiquer un contrôle des naissances un peu spécial : avortement en cas d’embryon féminin de façon à obtenir 3 garçons pour une fille. Qui n’hésite pas à éliminer ses minorités (massacres du Tibet). Qui n’hésite pas à envoyer sa propre police en France même pour faire sa loi…
Qu’attend le gouvernement français pour riposter ? que signifie cette couardise ? Pour le moment, les Chinois ont encore besoin de notre savoir-faire et de notre reconnaissance – d’où cette obsession à faire brûler la flamme des J.O. dans le monde entier. C’est maintenant qu’on peut résister à leurs méthodes dictatoriales et moyen-âgeuses. Mais monsieur Sarkozy n’en a que faire : le mot SOLIDARITÉ ENTRE LES PEUPLES ne figure pas dans son dictionnaire. Plus tard, lorsque ce sera trop tard, il aura passé la main et ne fera pas non plus partie de ceux qui, sans travail, sans ressources, subiront les méfaits du servage. L’Histoire nous a déjà confrontés à ce genre de lâches : il s’appelait Pétain, était maréchal et prétendait être le sauveur de la France…
LA MOUCHE DU COQ
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17.04.2008
Nicolas Sarkozy, l’apprenti-sorcier qui joue au derviche tourneur.
Il nous abrutit, nous assomme, nous ne savons où regarder, où donner de la tête : Sarkozy, le président qui veut agir plus vite que son ombre, a au moins tenu une de ses promesses de campagne : aller vite.
Car à peine s’indigne-t-on de suppressions de poste dans l’éducation nationale, qu’il est question que la sécu ne rembourse plus les lunettes, les soins dentaires, le transport en ambulance… Puis c’est l’annonce de la baisse notoire des allocations familiales, en même temps que la légitimation des cultures OGM ; la télévision publique se voit menacée de démantèlement – le prétexte en étant la suppression de la publicité… ainsi que la SNCF. Sans oublier la menace pour les chômeurs de perdre leur allocation parce qu’ils auront fait les « difficiles » !
Même les ministres se sentent impuissants face à une politique qu’ils justifient pour garder leur maroquin mais qu’ils essaient mollement de contrecarrer à coup de déclarations, de retours en arrières, d’excuses et de rectificatifs : la presse appelle ça des couacs. Sarkozy, lui, ne supporte pas et ordonne à ses adeptes de resserrer les rangs derrière son plumeau d’apprenti-dictateur.
La mouche titilleuse que je suis n’a plus le moindre désir de commenter ces soi-disant réformes qui conduisent la France à un retour en arrière social d’un siècle et plongent des millions de familles dans le chaos tandis que les riches continuent d’afficher leur arrogance et leurs richesses. L’heure est grave, en effet. Plus envie de plaisanter sur le pantin bling-bling qui croit que gouverner c’est s’enrichir personnellement. Les Français ne sont plus dupes et c’est pour cela qu’il suffit d’une étincelle pour que tout bascule.
Nous ne sommes plus dans une société d’abondance comme en 1968. S’il y a révolte ou révolution, elle ne sera pas dans la gaieté et la décontraction : on n’en est plus à parler culture – ça c’est bon pour les riches. On parle survie, logement, nourriture.
Lorsque Nicolas Sarkozy s’affiche fièrement à Londres avec son épouse-potiche et mannequin, accessoirement chanteuse et sœur de charité, qui teste la ligne Dior avec la ministre de la Justice, nous, nous ne voyons que les milieux de mois difficiles, une situation que « ces gens-là » ne connaissent vraiment pas.
Je l’ai dit depuis longtemps dans ces notes : notre président est fou, immature, dangereux. Provoquer ainsi le peuple en lui arrachant jour après jour tout ce qui lui permet de survivre, c’est le condamner à ne plus rien avoir à perdre. Dans de telles situations, l’explosion n’est pas loin. Souhaitons ne pas y laisser notre peau !
LA MOUCHE DU COQ
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09.04.2008
Cacophonie gouvernementale : on vous dit que tout va bien !
Tout va bien, je vous assure. Vous ne me croyez pas ? Eh bien regardez les actus et vous en aurez confirmation. Je ne vous parle pas des embrouilles au sommet : Rama Yade-Kouchner, ça, je l’ai déjà évoqué dans une note précédente. Et puis, que voulez-vous, Kouchner, qui a des états d’âmes et ne voudrait pas renier son passé, a déclaré qu’on ne peut pas, lorsqu’on est dans la diplomatie, se limiter aux problèmes des droits de l’homme ! Ah oui ? Ça veut dire qu’il faut négocier avec les dictateurs, les laisser assassiner et emprisonner qui ils veulent et ne surtout pas se mêler de leurs affaires intérieures ?
Pour les fausses notes, on peut compter sur le relais : Nathalie Kosciusko-Morizet a pris son tour, traitant Borloo et Copé d’armée de lâches. Pas la langue dans sa poche, la secrétaire d’état à l’écologie ! Mais comme elle s’est déjà excusée, est-ce que ça compte ?
Et la pub à la télé ? Hier on apprenait de la ministre Albanel de la culture qu’il n’y aurait plus de pub après 20 heures. Aujourd’hui, nouveau son de cloche de la commission Copé – encore lui : on va faire ça en douceur, d’ici 2011 !
Qu’est-ce qui va bien, alors ? Eh ben, les économies que l’état va faire pour nous permettre de mieux vivre ! Par exemple, le prix du gaz va augmenter (il avait déjà augmenté en janvier). Et puis on va supprimer les réductions famille nombreuse dans le train. A qui est-ce que cela fait du tort, franchement ? Quand on est trop nombreux, soit on ne voyage pas, soit on ne paye pas, c’est simple ! Regardez notre président : avec ses trois enfants et même quatre par sa famille recomposée, comment fait-il ? Comme tout le monde, il bosse… et surtout il leur fait prendre l’avion aux frais de la collectivité à ses enfants (je parle en particulier du voyage en Chine). Pourquoi y aurait-il encore besoin d’une réduction famille nombreuse ? Ceux qui font beaucoup d’enfants n’avaient qu’à y penser avant. Ils n’ont qu’à se débrouiller… comme Sarkozy. La solidarité, c’est une valeur démodée, une valeur du 20e siècle. Il faut être de son temps. Aujourd’hui, on est au siècle de la débrouille !
Ah, et puis les chômeurs : on vous l’a déjà dit – enfin, notre premier ministre l’a dit : le chômage, c’est une mauvaise idée, il faut le supprimer. Alors, les chômeurs qui font les difficiles quand on leur propose un emploi, qu’ils aillent se faire voir ailleurs, mais sûrement plus à l’ANPE ou aux ASSEDIC ! Et les futurs chômeurs de Gandrange, qu’ils n’aillent pas se plaindre. Après tout, le président Sarkozy, ils l’ont vu en chair, en os et en talonnettes, et pour pas un rond. Alors qu’il aurait pu se payer un vrai voyage de noces !
Et les lycéens et les enseignants qui protestent ? Ah ceux-là, qu’est-ce qu’ils sont obtus ! Et ils voudraient qu’on leur donne le bac ! Croire qu’il faut plus d’encadrement, quelle naïveté ! Croire à son métier, quelle drôle d’idée ! Les profs, on leur demande juste de faire plus d’heures, pas de faire des cours intelligents !
Et le passage de la flamme olympique à Paris, encadrée par des flics chinois, alors ! Ça, je crois que c’est le pompon ! Qu’est-ce qu’elle espérait, MAM, notre ministre de l’Intérieur ? Que ça ne se saurait pas que les Chinois faisaient le servce d’ordre à la place des policiers français ? Déjà, lors de la grosse descente de police à Villiers le Bel, MAM s’étonnait des fuites d’infos. Aujourd’hui, elle s’étonne que, de leur propre chef, les policiers français aient confisqué les drapeaux tibétains. Quant à notre héros judoka national, David Douillet qui se disait outragé par les T-shirts de reporters sans frontières, il a pris subitement conscience, en se faisant souffler la flamme par le service d’ordre chinois, que quelque chose n’allait pas en Orient !
Allez quoi, souriez ! parce que au train où va Sarkozy, demain ce sera pire !…
LA MOUCHE DU COQ
19:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Kosciusko-Morizet, Borloo, Copé, MAM, flamme olympique, chômage










